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samedi 3 janvier 2026

2026, Des voeux en bleu 💙

Image générée avec ChatGPT 5.2 : '2026' dans le style d'Auguste Herbin et de son alphabet graphique 
avec majoritairement des teintes de bleu.

Bonne année, bonne santé, meilleurs vœux… Mais qu’est-ce qu’une bonne année, au fond ?

Nous avons sans doute chacune et chacun notre propre définition.
Une bonne année n’est pas nécessairement une année facile.
Elle devient désirable lorsque nous en sommes pleinement acteur, pleinement partie prenante, 
tout en acceptant qu’elle ne soit pas parfaite.

Car 2026 ne le sera probablement pas.
Elle sera peut-être plus complexe, plus conflictuelle, plus incertaine que 2025.
Alors plutôt que de nous souhaiter une illusion de tranquillité,
souhaitons-nous d’y mettre ensemble du sens, de la beauté et de l’amour,

malgré tout, malgré les difficultés à venir.


Martin Steffens l’écrit magnifiquement dans La vie en bleu, pourquoi la vie est belle même dans l'épreuve :

« La vie n’a pas besoin d’être parfaite pour être merveilleuse.
Nous rêvions d’une vie en rose, et nous voilà couverts de bleus.
Mais ce bleu n’est-il pas la vraie couleur de la vie ?
Bleu de travail, bleu des hématomes, bleu du ciel.
Une vie sans bleu serait une vie sans relief. »

Voir la vie en bleu, ce n’est pas se résigner.
Ce n’est pas “faire avec” en baissant les bras.
C’est faire à partir de la vie telle qu’elle est,
et non de celle que nous aurions voulu qu’elle soit.

Faire à partir de la réalité de cette année à venir.
Une réalité tantôt banale, parfois terrifiante, souvent joyeuse, mais jamais confortable.
Et tenter, malgré tout, de la rendre plus belle.

Philippe Gabilliet dans son Eloge de l'audace et de la vie romanesque, le rappelle avec justesse :

« Une vie romanesque ne se nourrit pas d’éléments heureux uniquement.
Notre vie ressemble à un gigantesque électroencéphalogramme :
s’il n’y a pas de hauts et de bas, c’est que l’on est déjà mort. »

Soyons des guetteurs d'aurore !
Image générée par IA (ChatGPT 5.2) Réinterprétation abstraite d’un paysage d’aurore 
dans l’esprit de l’alphabet graphique d’Auguste Herbin. 
Composition géométrique dominée par des bleus profonds, traversée par une lumière naissante.

Soeur Christiane Joly de la communauté SFX nous partage ces mots justes : 

Dans ce monde meurtri, où tout semble parfois s’assombrir,
il nous est pourtant donné de guetter l’aurore.
De scruter ce qui naît déjà :
les solidarités nouvelles,
les initiatives pour le bien commun,
l’usage plus juste et plus sage des nouvelles technologies,
les gestes discrets de paix.

Non comme des optimistes béats, mais avec cette confiance lucide que,
"malgré les apparences d’un monde imparfait et souffrant, l’Amour aura le dernier mot." Madeleine Daniélou

Pour 2026, je nous souhaite donc, comme Michel de Montaigne, de "vivre à propos" : 
D’aimer la vie avec justesse et souplesse.
De chercher une sagesse à notre mesure.
Chacun à partir de ce qu’il est.
A partir de ses forces, de ses faiblesses, de ses élans, de ses rêves.

Et surtout, d’aller à l’essentiel.

Comme le disait Josh Billings : « Soyez comme un timbre-poste : restez sur ce que vous faites jusqu’à arriver à destination. »

Allégeons donc nos vies. Gardons ce qui fait vraiment sens.
Du temps pour lire, pour créer, pour penser, pour bouger, pour jouer aussi.
Car la vie n’est pas seulement un combat : elle est aussi un terrain de jeu !

Dans notre monde fragmenté, je nous souhaite également de nous retrouver sur l’essentiel.

Un autre monde est possible. Il est déjà là, dans celui-ci. À portée de gestes. À portée de vie...


Belle année 2026. En bleu. 💙

samedi 12 avril 2025

En 2025, traçons des chemins d’espérance !

En 2024, je nous souhaitais de faire le pari de la confiance. En 2025, je vous invite à faire un pas de plus, un pas plus exigeant, plus radical peut-être : faire le pari de l'espérance.

2024 nous a peut-être laissés avec le goût amer de la déception. Guerres, peurs, fractures sociales, dérèglement du climat, instabilité politique... Autant de vents contraires. Et pourtant : il ne faut pas renoncer. Car c’est justement dans ces nuits d’inquiétude que l’espérance prend tout son sens.

Comme l’écrivait Bernanos : "La plus haute forme de l’espérance, c’est le désespoir surmonté. Quand on va jusqu’au bout de la nuit, on rencontre une autre aurore."

Espoir ou espérance ? Une nuance décisive

On confond trop souvent espoir et espérance. L’un est fragile, l’autre est fort. L’un est tourné vers ce que l’on attend, l’autre vers ce que l’on vit.

Différente de l’espoir, l’espérance n’attend pas simplement que les choses changent. Elle s’enracine dans le présent, dans une attention profonde à ce qui est déjà là, et dans une ouverture au possible, au-delà des apparences. Là où l’espoir peut décevoir, l’espérance transcende, nous libérant de la peur de l’échec et nous invitant à une confiance pure. C’est une audace qui nous pousse à agir avec courage pour un avenir plus digne et plus beau.

Comme l’écrit Sœur Geneviève Comeau : « L’espérance se vit au présent… elle ouvre le réel à ce que l’on ne voit pas encore. »

Seul le pari de l’espérance est encore crédible aujourd’hui, car, comme le rappelle Saint Paul : "L'espérance ne déçoit pas." (Rm 5, 5)

Une illustration dans le style d'Alfons Mucha représentant un paysage hivernal serein. Au premier plan, des figures vêtues de robes fluides, typiques de l'Art Nouveau, tracent des lignes lumineuses dans la neige, symbolisant un chemin d'espérance. À l'arrière-plan, une mer agitée avec un navire pris dans la tempête, stabilisé par une grande ancre de navire traditionnelle bien visible, symbolisant la stabilité et la résilience. L'ensemble est encadré de motifs ornementaux de style Art Nouveau, avec des vignes, des flocons de neige et des motifs lumineux. La palette de couleurs comprend des bleus doux, des blancs scintillants et des accents dorés. Génération via DALL-E.

L'espérance est audace

Face au découragement, l’action devient l'antidote du désespoir. L'espérance n'est pas une attente passive : elle est un levier de transformation. Elle ose voir au-delà, elle nous pousse à choisir ce qui élève, à croire que nous avons du pouvoir sur le cours des choses, même minime.

Le pape François écrit dans Fratelli Tutti« L’espérance est audace. Elle sait regarder au-delà… pour s’ouvrir à de plus grands idéaux. »

Et Goethe nous confie : « L’audace a du génie, de la puissance, de la magie. Commencez dès maintenant. »

Il s’agit bien ici de choix courageux, de petits actes concrets, de décisions prises à contre-courant, mais toujours tournées vers la vie. L’espérance est risque, comme l’écrivait Bernanos, et elle ne se gagne qu’au prix de la vérité et de la nuit traversée.

L'espérance éducative

C’est sans doute dans l’acte d’éduquer que l’espérance devient la plus tangible.

Car éduquer, c’est parier sur l’avenir d’un autre. C’est croire que chaque élève, chaque jeune, porte en lui une promesse. Une graine de lumière, même dans les sols les plus arides.

Paul Malartre le disait avec justesse : « Espérer en l’élève, c’est aimer son avenir. »

Dans un contexte où les éducateurs se sentent parfois isolés, démunis, voire découragés, il est plus que jamais essentiel de raviver cette flamme éducative, cette passion d’espérer. Toute personne est Espérance incarnée, signe de vie. L’école, les lieux de transmission, les équipes pédagogiques peuvent devenir des lieux de vie, de recommencement, d’aurores nouvelles.

Le pari de l'espérance !

Même si les certitudes d’hier paraissent éteintes, et si les bourgeons de demain ne sont pas encore visibles, osons nous engager sur des chemins d'espérance. Des chemins incertains, parfois escarpés, mais porteurs de vie.

Spes contra spem – espérer contre toute espérance – disait saint Paul. Voilà le vrai pari de notre temps.

En cette année jubilaire qui s’ouvre, comme nous y invite le pape François, devenons des pèlerins d’espérance. Dans nos vies personnelles, familiales, professionnelles, associatives, éducatives. Soyons des témoins joyeux au cœur d’un monde qui doute. Pas des optimistes naïfs, mais des hommes et des femmes habités par une foi active, enracinée dans l’évangile et tournée vers un avenir à aimer.


Et si aimer était l’acte d’espérance ultime ?

En définitive, tout cela ne nous invite-t-il pas à aimer davantage ?

Non pas pour "sauver le monde" – ce monde n’est pas à sauver, il est à aimer. Comme il est. Dans ses tensions et ses promesses. Dans ses blessures et ses germes de beauté. Aimer plus fort, plus vrai, plus librement.

« Aime, et fais ce que tu veux. » disait saint Augustin. 

En 2025, faisons de l’espérance un style de vie. Et de l’amour, notre cap.

 
Statue ‘Entraide’ par Camille Colruyt à l'abbaye d'Orval

dimanche 28 janvier 2024

En 2024, faisons le pari de la confiance !


En ces temps mouvementés, il est grand temps de réaliser ensemble le « pari de la confiance » : pari de la confiance en soi, en les autres, en l’action, dans la jeunesse et surtout pari de la confiance en l’A-venir ! 


De l’importance d’y croire 


En effet, de Saint Marc à Pascal Obispo, en passant par Steve Jobs, « l'important, c'est d'y croire. » 


« Tout est possible à celui qui croit » (Marc 9:23)


« Ce qu’il faut, c’est croire en quelque chose : vos tripes, votre destin, votre vie, votre karma, peu importe. » Steve Jobs


Tous y croient. Tous croient qu’ils ont en eux cette étincelle qui enflamme le temps. Cela s’appelle la liberté. La force d’y croire brise des impossibles et met du sens dans les souffrances. Car la vie est parfois un torrent rude et une cascade de cruautés…


Mais croire, c’est aussi choisir de croire c’est-à-dire poser un acte de foi. La foi est une affaire de confiance (étymologie latine « cum-fides », littéralement « avec foi »). C’est adhérer à une proposition, non posséder la vérité.


« La confiance est un mot presque provocateur en ces temps de crise, de catastrophes écologiques, économiques, sociales, alimentaires et même... aériennes. Nous nous sentons le plus souvent impuissants, objets de forces que nous ne contrôlons pas dans un monde en pleine mutation. Les politiques semblent éloignés de nos préoccupations quotidiennes, les économistes sont dubitatifs, les financiers tentent de panser leurs plaies. Nous subissons... Et pourtant. On nous demande d’avoir confiance, en nous-même, en l’autre, en Dieu, en la vie. Dans ce contexte, garder espoir, avoir confiance en l’avenir de l’humanité et de la terre procède d’un tempérament, certainement, mais avant tout d’un choix. Le choix de faire son possible pour améliorer les choses sans désespérer, ni des autres, ni de Dieu. Garder confiance, c’est ne pas baisser les bras et continuer à marcher sur un chemin de justice en se disant ‘le reste nous sera donné par surcroît.’ » Marie-Caroline Durier



« La clef indispensable pour pouvoir avancer, grandir en humanité, grandir en sagesse, en épanouissement, en succès ; une clef qui nous permet à chaque fois de transformer les rêves en réalité et qui permet d’aller au bout de son possible : la Confiance. La confiance en soi pour pouvoir raisonner avec les autres, car en ces temps de situations anxiogènes, le manque de confiance rend le rêve impuissant, l’action incertaine, la motivation désincarnée. Or, qui vit en confiance, habite son coeur et celui qui habite son coeur est l’hôte de l’univers tout entier. Partout où il se trouve, il se sent bien. » Malek A. Boukerchi

Même quand tout semble perdu, il reste l’espérance ‘qui ne déçoit pas’. 


"Comment cela s'appelle-t-il, quand le jour se lève, comme aujourd'hui, et que tout est gâché, que tout est saccagé, et que l'air pourtant se respire, et qu'on a tout perdu, que la ville brûle, que les innocents s'entre-tuent, mais que les coupables agonisent, dans un coin du jour qui se lève ? (…) Cela s'appelle l'aurore." Jean Giraudoux – Électre


En 2024, « essayons d’être des redresseurs d’espérance » et croyons en nos capacités ! 



Le pari de la confiance en l'Autre


D’après Martin Steffens, « La confiance qu'on fait [à quelqu’un d’autre] a le courage de ne pas savoir : je ne sais pas à l'avance si le pari que je fais sur l'autre, et ce qu'il accepte en s'engageant, sera tenu. Il faudra peut-être recommencer : se fâcher, se remettre en question, puis pardonner, puis rebâtir. Car faire confiance n'est pas tendre à l'autre un piège : ce n'est pas lui demander plus qu'il ne peut afin de lui reprocher ensuite ses manquements. Faire confiance est un serment de fidélité : la confiance est patience, elle se tient aux côtés de l'autre, même et surtout quand il chute. Elle ne s'indigne pas, ne s'effarouche pas : elle soutient l'effort et sait la pesanteur. L'homme qui tombe pour la dixième fois ne saurait décevoir une confiance vraiment donnée car cet homme ne s'est-il pas relevée neuf fois ? »


Ce pari de confiance en l’autre, c’est donc supposer « la bonne volonté de jouer la carte de la grandeur de l’Homme plutôt que de rechercher d’incessantes garanties contre sa perversité. » Romain Gary


C’est aussi une question de regard bienveillant portée sur l’autre et accorder sa confiance à priori : ce qu’on appelle autrement la présomption de confiance qui permet de révéler l’autre en partant du principe que l’Homme est bon.


« Ce qu'il y a de plus beau à vivre, c'est de se sentir mis en confiance par quelqu'un, parce que la confiance révèle ce qu'il y a de mieux en chacun... La confiance est une expérience de libération. » Elena Lasida


La personne humaine apparaît quand elle entre en relation avec d’autres personnes, dit Martin Buber. Le monde subjectif, dit Siri Hustvedt, est aussi un monde inter-subjectif, le monde de moi et de toi, et tracer une frontière entre les deux n’est pas facile, parce que les autres font partie de nous.


Croire en le potentiel des autres et les regarder comme « des gens qui portent un trésor dans des poteries sans valeur. » (Corinthiens 4, 7-15) 


« Traiter les gens comme s’ils étaient ce qu’ils pourraient être et vous les aiderez à devenir ce qu’ils sont capables d’être. » Goethe

Le pari de la confiance en l'action


"Agir, c'est parier sur ce qu'on ne connaît pas." Maurice Blondel


S’appuyant sur Albert Camus, nous osons dire : « Même dans un monde absurde, on peut agir. Le seul sens d'un monde absurde finalement c'est l'action. » 


Si vous vivez dans un monde turbulent, qui change tout le temps, dans un monde où l'on perd ses repères, où il y a de l'accélération ; vous n’avez plus le temps de peser votre choix. Il reste cependant le choix de l'action : faire parfois un choix, prendre une décision, n'importe laquelle, puis à partir de ce moment là, tout faire pour que cette décision soit la bonne. En d’autres termes et en période de turbulence, la pertinence d'un choix de vie ne se construit plus avant de faire le choix mais la justesse d'un choix de vie se construit après qu'on ait fait ce choix.


C’est le sens du pari de l’action partagé par Philippe Gabilliet : « Pour certains, une bonne décision est avant tout une décision qui a été soigneusement préparée. Ce qui fait la qualité d’une telle décision est donc déterminée par ce que l’on fait AVANT de la prendre (…). Pour l’optimiste, la question se pose en fait en des termes tout à fait différents. Il veut lui aussi prendre la meilleure décision possible. Il est conscient (tout comme le pessimiste) qu’il existe sûrement de bonnes raisons de ne pas se lancer. Mais il va pourtant décider de le faire. Pourquoi ? Parce que pour l’optimiste, la qualité d’une décision ne se construit jamais a priori. En effet, dans la ‘vrai vie’, nous n’avons presque jamais le temps nécessaire pour laisser mûrir une décision. Des informations essentielles nous manqueront toujours ; et nous vivons dans un monde mouvant qui continue de bouger pendant que nous pensons à notre décision. Ainsi, pour l’optimiste, la ‘bonne décision’ sera la décision qu’il va prendre (quelle qu’elle soit et qu’il fera tout, ensuite, pour rendre vraiment ‘bonne’). Car pour un optimiste, ce qui détermine la qualité d’une décision qu’il prend, c’est toujours ce qu’il va faire APRES l’avoir prise ! »


Et le facteur déclenchant, pour les personnalités chanceuses, est presque toujours le passage à l'action : « Il peut arriver des choses à ceux qui attendent, mais uniquement celles laissées par ceux qui ont foncé », écrivait Abraham Lincoln. Car le chanceux récurrent est audacieux. Il fait confiance aux événements et fait le pari de l'action. Il n'hésite pas à demander, même s'il n'est pas sûr d'être entendu ; il essaye, même s'il n'est pas totalement prêt ; il fait confiance, quitte parfois à être trompé…


L’écrivain et savant allemand Johann Wolfgang von Goethe décrivait déjà au début du XIXe siècle tout ce qui se met en place à partir du moment où l’on s’engage : « En ce qui concerne tous les actes d’initiative, il y a une vérité élémentaire dont l’ignorance a déjà détruit d’innombrables idées et de superbes projets : au moment où l’on s’engage pleinement, la providence s’engage aussi. Toutes sortes de choses concourent à l’aider qui autrement ne se seraient jamais produites; tout un flot d’événements jaillit de la décision, suscitant en sa faveur toutes sortes d’incidents, de rencontres et d’aides matérielles imprévues, dont personne n’aurait pu penser ou rêver qu’elles lui arrivent. Quoi que vous fassiez ou rêvez de faire, faites-le. L’audace a du génie, du pouvoir et de la magie. Commencez dès maintenant ! »


Face à l'éco-anxiété, cette angoisse reliée à la crise écologique qui monte, le meilleur remède est peut-être l’action car « l’action est l'antidote du désespoir. » Joan Baez et « un esprit occupé n’est pas préoccupé »…


Pour les Optimistes de France, c’est bien un regard enthousiaste sur le monde qui engendre l’action ; et c’est l’action sur le monde qui nourrit en retour le regard optimiste sur ce dernier. L’optimisme s’affirme donc d’emblée comme ce cercle vertueux dans lequel on s’appuie sur ses forces pour reprendre le contrôle des événements, et ce afin de créer les ouvertures qui permettront de dégager les solutions, qui elles-mêmes contribueront à développer d’autres forces, etc.


« Etre optimiste, c'est faire un pari intellectuel et philosophique sur l'optimisation possible de la réalité : la vie est pleine de désagréments, les actualités apportent chaque jour leur lot de mauvaises nouvelles, mais l'optimiste sait qu'on peut arriver à faire mieux avec l'existant. » 



Le pari de la confiance en l’Avenir


Voici un extrait d'un édito de la revue Usbek & Rica : ‘Croire au futur, c’est penser qu’il y a encore des pages de l’histoire humaine à écrire, qu’on peut s’en sortir, au lieu de renoncer et de se retirer sur son Aventin, dans sa Zad, son île libertarienne ou dans l’espace, comme si c’était déjà foutu ici-bas. Et surtout, nous croyons à un avenir en commun. (…) Croire au futur, c’est donc, tout bêtement, préférer l’altruisme à l’égoïsme. Aucun bâtisseur d’abri antiatomique n’a arrêté la guerre froide. Ceux qui s’y sont collés, ce sont les démocrates et les dissidents. Pareil aujourd’hui : alors que le monde semble courir vers l’abîme, grande est la tentation de faire l’autruche et de dire à la manière d’un Louis XV : « Après moi, le déluge. » A la place de cette démission eschatologique, nous avons envie d’ouvrir des perspectives enthousiasmantes aux générations futurs. Certes, encore des grands mots. Mais même un signataire épisodique de pétitions est plus utile qu’un survivaliste qui abdique.’


« Croire en l’avenir, c’est croire que ‘ce qui arrive’ est une promesse. (…) Cela suppose de croire en l’autre, en la vie, en demain, un tant soit peu en soi aussi. De garder, au coeur le nécessaire a priori d’espérance et de bienveillance sur ce qui vient, sur ce qui est nouveau, et même inattendu. Même si cela déroute. » Raphaël Buyse 


Et s'il est facile de se convaincre que l'action d'un homme seul ne sert à rien, l'inaction a toujours un coût. Quand tout sera détruit dans les incendies ou les inondations, quand tous ceux qui en ont les moyens seront partis, que sera-t-il possible de faire ? Ce n'est jamais que l'aujourd'hui qui est l'instant propice pour agir ! 


Faire le pari de la confiance, c’est donc faire le pari, 

- qu'il est préférable d'avoir la foi, que de ne pas l'avoir ;

- qu'il est préférable d'être optimiste que pessimiste (parce qu'à la fin du voyage, l’optimiste aura passé un meilleur moment)

- qu'il vaut mieux croire en l’autre qu'essayer de le contrôler ;

- qu’il vaut mieux agir dans un monde absurde et turbulent en perpétuel changement et accélération que de ne rien faire et de se laisser submerger...


Et même si nous avons des désillusions, des doutes ou des déceptions et que l'on se soit finalement trompé, cela ne veut pas dire que nous avons eu tort d'y croire, d'avoir fait ce pari de la confiance sur l'avenir : on est plus gagnant à avoir la foi, à être optimiste et à faire confiance ! 


« C’est une folie de haïr toutes les roses parce qu’une épine vous a piqué, d’abandonner tous les rêves parce que l’un d’entre eux ne s’est pas réalisé, de renoncer à toutes les tentatives parce qu’on a échoué. C‘est une folie de condamner toutes les amitiés parce qu’une d’elles vous a trahi, de ne croire plus en l’amour juste parce qu’un d’entre eux a été infidèle… » Le Petit Prince



« C’est un pari, bien sûr. On n’est sûr de rien, c’est vrai. C’est une affaire de confiance, assurément ! Cette affaire-là n’est pas une lubie, ou un caprice, mais un appel à oser quelque chose de neuf. J’y vois comme un appel ! » 


En 2024, faisons donc le pari de la confiance et cultivons la gourmandise du futur ! 


Que 2024 nous donne l’élan de tracer des chemins d’espérance ! Belle année pleine de douceur et de transformations fécondes.


dimanche 15 janvier 2023

2023, une année placée sous le signe de la reconnaissance !

En 2023, je vous souhaite d'exercer votre pouvoir de reconnaître ! 


Parce que la reconnaissance est cette ‘mémoire du coeur’, parce que c’est ‘apprendre à connaître à nouveau’, parce que c’est ‘mettre au monde l'autre’, parce que la reconnaissance tisse la trame de notre commune humanité, je vous souhaite d’exercer votre pouvoir de reconnaître durant cette année 2023 (et même après) !

Reconnaître ses proches, ses amis mais aussi l’étranger et soi-même. Exprimer de la gratitude. Dire merci à la vie d'être au monde. 

Cette reconnaissance, si on la décompose : ‘re-conaissance’, ‘reco-naissance’ ; une connaissance pour porter un regard neuf sur le monde et aller de naissance en naissance….

« Peut-être que l’on ne peut se reconnaître que dans autrui. Peut-être qu’il faut passer par quelqu’un d’autre que soi pour se connaître et se reconnaître. » Christian Bobin

A child's heart contemplating the dawn - Image generated by Midjourney

lundi 3 janvier 2022

Belle année 2022 reliée !


Je vous souhaite une belle année 2022 reliée !

Une année qui relie parce que ce qui nous lie nous grandit.


et car… tout est re-lié dans notre monde complexe aux multiples crises systémiques (sanitaires, sociales, économiques, écologiques…). 


Or, comme l'explique Edgard Morin, « la pensée complexe est la pensée qui relie. Il faut, pour tous et pour chacun, pour la survie de l’humanité, reconnaître la nécessité de relier, de se relier aux nôtres, de se relier aux autres»


De plus, la complexité (du latin ‘complexus’, tisser des liens) peut nous rendre libre : les liens ne sont pas facteurs d’aliénation, bien au contraire, ils nous libèrent ! 


L'éducation elle-même est d'abord une relation… et elle nous apprend la relation : nous naissons immatures, puis nous nous inventons dans notre relation aux autres. Michel Serres dans le Tiers-Instruit écrivait que « Tout apprentissage consiste en un métissage» L’éducation est indissociable du métissage des cultures.


Tout part en effet du lien. Au commencement est la relation, ‘le lien qui nous rattache aux autres’ comme le raconte si bien Jean-Claude Ameisen dans l'émission Sur les épaules de Darwin. « Nous ne savons pas à quel point est profondément ancré en nous le lien qui nous rattache aux autres ou, en d’autres termes, à quel point serait étrange l’idée d’un ‘Je’ qui existerait en l’absence d’un ‘Nous’ » car « le monde subjectif est aussi un monde intersubjectif, le monde de ‘Je’ et de ‘Tu’, et tracer une frontière entre les deux n’est pas facile, parce que les autres font partie de nous. » écrit Siri Hustvedt dans La femme qui tremble.


C'est pour cela qu'en 2022, je vous souhaite de continuer à créer des ponts et à tisser des liens : avec les personnes et les vivants que vous rencontrerez, entre les disciplines que vous étudierez, entre les univers que vous explorerez.


En tant qu'entrepreneur dans l'éducation, je continuerai de bâtir des relations de confiance entre les acteurs de l’entreprise, du territoire et de l’éducation car une grande partie des réponses aux défis de notre Temps viendra de l’ouverture et de la collaboration en intelligence collective.   


En 2022, faisons de nos espaces, des lieux de relation et continuons de renforcer nos liens ! 


Belle année reliée… à vous-même, aux autres et au monde !


« Qui se soucie de cet entrelacement de causes invisibles, d’effets inconnus qui tissent la trame de nos jours ? » Paul Guimard


Concours du tissage du plus grand karma (foulard en coton à damier traditionnel du Cambodge)
Photo Samrang Pring à Phnom Penh