dimanche 12 juin 2016

La révolution de l'Empowerment !

Après plusieurs mois d'exploration des nouveaux modèles de société et d'entrepreneuriat dans le monde des makers, je constate un grand point commun aux solutions de demain qui s'inventent dès aujourd'hui : la montée en puissance des individus qui agissent ensemble pour changer leur monde. 
Bienvenue dans le siècle de l'Empowerment


Plusieurs termes en français essaient de traduire l'empowerment, en voici quelques unes : 'Empuissantement', Capacitation, Emancipation, Autonomisation, Responsabilisation, 'Empouvoirement'... 

L'empowerment est d'abord individuel : c'est le pouvoir d’agir d'un individu, c'est le pouvoir d'être acteur et maître de son destin. Au niveau collectif, c'est prendre du pouvoir pour agir collectivement. 

Donner de l'empowerment, c'est rendre capable d’agir, c'est donner des moyens (et pas seulement des droits) et des capacités à d'autres d’agir, c'est octroyer plus de pouvoir aux individus. C'est donc rendre autonome et donner l'envie ou plutôt "donner l'envie d'avoir envie" pour reprendre la célèbre chanson de Johnny : L'envie, dont je vous invite à relire les paroles

L'empowerment, c'est donc un chemin vers l'émancipation tant individuelle que collective.

Le préfixe ‘em’ témoigne de l’idée de mouvement ; le radical ‘power’ signifie en français ‘pouvoir’ et enfin le suffixe ‘ment’ rend le résultat tangible. Ainsi, “on peut considérer que la notion d’empowerment renvoie globalement à un mouvement d’acquisition de pouvoir qui débouche sur un résultat tangible” d'après Mickaël Le Mentec.

Le dernier Forum Changer d'Ère #4 en juin 2016 à la Cité des Sciences de Paris traitait justement de l'Empowerment : partager le pouvoir à l’ère des réseaux sociaux. Voici mes quelques notes téléchargeables ici.

L'empowerment est fortement lié aux notions de pouvoir, de liberté, de responsabilité et d'autonomie

André Comte-Sponville distingue les formes de pouvoir : le "Pouvoir de" (la puissance) par rapport au "Pouvoir sur" (l'autorité). Pour lui, l'empowerment, c'est permettre aux autres de vouloir, c'est augmenter leur puissance d'agir, c'est augmenter leur "pouvoir de" mais c'est aussi quelques fois accepter de diminuer son "pouvoir sur"

Dans le très complet article "Brève histoire de l’empowerment : à la reconquête du sens politique" de Valérie Peugeot, on peut lire que "selon Marie­-Hélène Bacqué et Caroline Biewener, l’empowerment originel recouvre trois dimensions : le pouvoir de changer ma vie en tant qu’individu, la capacité à me donner les moyens de mon développement personnel (ce qu’on appelle aussi le capacity building) ; le pouvoir avec ma communauté de transformer mes conditions de vie, dans une approche d’action collective, de solidarité de proximité ; et enfin le pouvoir sur la société, dans une acception plus politique."

Pour Luc Simonet, le fondateur de la Ligue des Optimistes"je suis le maître de chacune de mes pensées et pas l'inverse. Si j'ai le pouvoir sur ma pensée, je suis donc libre. Si j'ai ce pouvoir et cette liberté, je suis aussi responsable ; responsable de ma vie, de mon bonheur ou de ma joie, de mon environnement." En effet, "un grand pouvoir implique une grande responsabilité." (Spiderman)...

Mon empowerment ou ma liberté augmente celle des autres, : c'est une puissance 'avec' et non pas 'sur'.

L'autonomie augmente l'empowerment. On pourrait définir qu'être autonome, c'est être libre par rapport à une loi ("nomos") qu'on s'est fixée à soi-même ("auto") à savoir se soumettre à sa propre loi. Plus je suis autonome, plus je prends confiance en moi et plus j'ai de pouvoir d'agir. 

Une célèbre citation de Lao Tseu nous conseille justement de rendre autonome plutôt que de rendre dépendant : "Si tu donnes un poisson à un homme, il mangera un jour. Si tu lui apprends à pêcher, il mangera toujours."

Dessin d'Etienne Appert pour les ROUMICS sur les Tiers-Lieux
« Le sujet autonome n'est pas seulement celui qui pense et agit par lui-même, mais celui qui pense et agit de manière juste." Spinoza

On peut donc simplifier la recette de l'empowerment par la formule : 
Autonomie + Responsabilité = Empowerment

Ce n'est pas sans rappeler une autre équation proposée par Laurence Vanhée, Chief Happiness Officer sur l'entreprise libérée et le bonheur en entrepriseLiberté + Responsabilité = Performance + Bonheur (cf conférence Vivre l'Economie Autrement)

En aparté, on préférera parler d'entreprise libératrice (des énergies des salariés, ..) plutôt qu'entreprise libérée c'est-à-dire une entreprise qui essaie de développer l'empowerment de ceux qui y travaillent.

"Etre Homme, c’est précisément être responsable, c’est sentir, en posant sa pierre, que l’on contribue à bâtir le monde." Antoine de Saint-Exupéry

L'empowerment peut prendre différentes formes selon le contexte :

- historiquement, pour désigner la lutte féministes pour la reconnaissance des droits des femmes
- dans les politiques d'aides au développement des pays et des peuples, c'est un moyen de lutte contre la pauvreté - par exemple, l'approche SALT développée par l'association La Constellation 
- dans l'économie, en donnant de l'autonomie à ses clients à l'inverse de créer et susciter le besoin afin de rendre nécessaire l'acte d'achat
- dans sa propre consommation personnelle, en changeant d'alimentation par exemple


- mais également en politique, la capacité des citoyens, des habitants à reprendre le pouvoir sur leur existence et dans leurs quartiers. Et comme "on ne jouit pas du pouvoir, on l'exerce", on dira plutôt « Exercez votre pouvoir ! » de citoyens plutôt que sa forme démagogique « Prenez le pouvoir ! ». Ainsi, la première édition du magazine Up Le Mag du groupe SOS écrivait un dossier sur l'empowerment citoyen.


Empowerment et Numérique : vers une révolution émancipatrice

"Tous experts, tous journalistes, tous chanteurs, tous coproducteurs. C’est une véritable métamorphose" nous dit l’anthropologue Alain de Vulpian. C’est "l’inversion de la présomption d’incompétence" nous dit le philosophe Michel Serres.

Ainsi, l'accès aux nouvelles technologies nous donnent de nouveaux super-pouvoirs et contre-pouvoirs comme nous le rappelle Muhammad Yunus, prix Nobel de la Paix en 2006 et initiateur du micro-crédit à propos de la jeunesse"I feel some jealousy ! I am jealous regarding the young generation : every human being has unlimited creativity, and today young people have superpowers thanks to new technologies. We didn't have this before. If you use your creativity and new technologies, you can totally redesign the system. If you don't use it, your superpowers will be wasted. Go and change the world !” 

Ainsi, le numérique donne plus de pouvoir à l'individu ; c'est ce qu'explique, Benoît Thieulin, ancien président du Conseil national numérique dans l'article éclairant : la logique de « l’empowerment ».

"Ce qui me semble le plus important, dans les pratiques qui se développent actuellement, c’est que le numérique offre des capacités, des moyens, et donc du pouvoir aux gens. C’est cela la révolution de l’empowerment. Beaucoup d’auteurs soulignent que l’on assiste quasiment à une révolution marxiste, dans la mesure où les coûts de production des outils d’expression et de communication se sont effondrés, provoquant une grande démocratisation des pratiques (la musique, l’écriture, l’image, la diffusion…). L’effondrement de ces coûts remet en cause énormément de business models. Que ce soit pour écrire, pour donner son avis, pour faire de la musique, pour la diffuser, les gens disposent d’énormément de capacities comme disent les Anglo-Saxons. Et cela continue, au fur et à mesure où l’onde de choc de la révolution numérique frappe, un à un, les secteurs." 


Déjà en 1937, Walter Lippmann, célèbre économiste Américain, visionnaire, écrivait dans La Cité libre : « Le genre de révolution qui rendrait périmée l’économie marchande serait une série d’inventions permettant aux hommes, par leur effort individuel et sans avoir besoin de personne, d’obtenir un niveau de vie meilleur que celui auquel ils aspirent maintenant ». 

Cela n'a pas échappé à Jérémy Rifkin, économiste et prospectiviste américain et auteur des livres La Troisième Révolution Industrielle, L'âge de l'accès et La nouvelle société du coût marginal zéro où il évoque une « démocratie technologique » et l'émergence du "Prosommateur" : 

"Sous l’effet d’internet et des imprimantes 3D, chaque citoyen-consommateur pourra devenir producteur de biens, gratuits ou échangeables. La barrière structurant les échanges économiques va s’éroder, sinon disparaître, pour faire naître un individu nouveau, le 'prosommateur', à la fois consommateur et producteur."


Faire soi-même VS Faire Faire

"Je pense qu’on est malheureux quand on subit et qu’on est beaucoup plus heureux quand on fait." Jacques-François Marchandise 

Michel Lallement, auteur de l'ouvrage « L’âge du faire » parle d'un "horizon d’émancipation". Il a notamment étudié les Hackerspaces et Fablabs aux Etats-Unis où "il est frappant de constater à quel point la croyance dans la vertu émancipatrice de la technologie est partagée."

Jacques-François Marchandise, cofondateur et directeur de la recherche et de la prospective de la Fing nous explique que "ce qui va être le point clé ce n’est pas 'robot ou pas robot', c’est 'monde ouvert/monde fermé', c’est-à-dire la possibilité, la « bricolabilité », la possibilité d’agir sur les environnements dans lesquels on est et puis l’intention ou non d’avoir des environnements qui soient « capacitants », qui parient sur les capacités humaines plutôt que sur le remplacement des humains".

Ce sont les valeurs portées par le Mouvement des Makers, décrit par Chris Anderson dans son livre "Makers, La Nouvelle Révolution Industrielle". 


Le 'Maker Movement' explique qu'« Être un maker, c’est un état d’esprit. Les makers partent de l’idée que n’importe qui peut innover et changer le monde. Pour un maker, il n’est pas nécessaire d’être un expert ou un professionnel pour faire évoluer les choses. Chacun peut apporter des idées neuves, bricoler, expérimenter, et faire que les choses qui l’entourent répondent mieux à ses attentes.»

Ainsi, chacun peut être créateur au sens où nous sommes chacun animés par des passions qui nous poussent à agir et repousser les limites de notre créativité. Ce n'est "pas simplement un dialogue singulier entre une personne et une technologie ou des matériaux, mais c’est le fait que ce mouvement qu’on appelle par ailleurs le mouvement « faire », porte (...) un pari : celui que chaque personne, quel que soit son statut, son niveau, son parcours, a des choses à apprendre aux autres." Michel Lallement. Les Makers militent donc pour l'émancipation de l'individu et son inclusion dans la société

Lors du World Forum Lille 2015, nous avions pu approfondir la révolution des Makers et du DIY : du 'faire par soi-même' dans cet article

Pour ma part, j'ai connu "mon acte d'empowerment" en imprimant en 3D cette Vénus de Milo dans mon garage à Lille : en ayant accès à une connexion Internet et à une imprimante 3D à moins de 2000€, j'ai pu fabriquer par moi-même une oeuvre d'art alors que je ne suis pas quelqu'un de manuel, ni de technique grâce au téléchargement gratuit d'un plan 3D mise en ligne en open-source par un artiste américain. 


La révolution est à la fois dans la démocratisation de ces outils technologiques par le prix mais également dans l'accessibilité d'usage. L'outil numérique et le partage sur Internet démultiplient le pouvoir de création de l'individu et ouvre un vaste champs de possiblesl'imagination est la seule limite

Avec l'émergence des 'fablabs', laboratoires-ateliers de fabrication numérique, chacun peut désormais se réapproprier les moyens de production au niveau local pour créer avec d'autres ce dont il a vraiment besoin. Ce modèle facilite une "démocratie technologique" et la "fabrication coopérative" où des gens ordinaires peuvent transformer leurs idées en produits bien réels en retissant du lien social : « Moins de biens, plus de liens ! » 

C'est ce qu'on peut appeler le "Power of Making" pour "répondre aux besoins essentiels de l'être humain", "exprimer ses idées et façonner le monde" :

Antonin Léonard, co-fondateur de Ouishare nous explique que "la société civile reprend l’initiative. Nous ne sommes plus les consommateurs passifs du passé, mais les membres de communautés multiples et interconnectées. Et la révolution ne se limitera pas à la consommation. Dans un futur proche, parions qu’il sera tout à fait commun de se rendre dans le fablab du quartier pour concevoir, créer et personnaliser les objets dont on se sert au quotidien. Et nous réapprendrons alors cette vérité oubliée : le 'faire'» est émancipateur.

"'The craftsman is proud of what he has made, and cherishes it, while the consumer discards things that are perfectly serviceable in his restless pursuit of the new."- Richard Sennett, The Culture of the new Capitalism
C'est toute la distinction à faire entre le "faire soi-même" au fablab et le "faire faire" à d'autres en sous-traitant à une entreprise par exemple. "Faire faire" coûte bien évidemment bien plus cher que le "faire par soi-même" mais permet aussi de gagner du temps. Cependant, le "faire soi-même" permet de libérer sa créativité et de fabriquer des objets plus personnalisés, plus durables et plus adaptés aux usages pour lesquels ils sont conçus. Et le faire soi-même gagne du terrain dans notre société tel une lame de fond ! 

Dans son manifeste, MakerBox écrit que "s’initier à faire de ses mains, à réparer, à modifier, à adapter, à créer des objets constitue un chemin vers l’émancipation tant individuelle que collective.

"En quelques sorte, s’initier à la technique, c’est se reconnecter au monde qui nous entoure, le monde réel, pour en devenir un acteur à part entière. (...) Un réel où la consommation n’est pas une tare mais un acte conscient, transparent et responsable. Un réel où la technologie doit rester au service de l’homme et non l’inverse. Un réel qui puisse être fabriqué, au propre comme au figuré, par l’action de tous. Un réel imparfait, où l’écharde dans le doigt et le « raté » participent de la magie de la vie."

Empowerment & Trés Humanisme

Ce "réel imparfait", c'est celui que nous pouvons vivre au quotidien et que nous préférons quelques fois éviter au profit de notre confort et de notre sécurité. L'empowerment serait aussi le signe de la "liberté inconditionnelle des forces de vie", "la volonté de créer" et "la vitalité" d'un individu.  

Frédéric Lenoir dans La Puissance de la Joie nous met en garde : "Nous voudrions vivre plus et souhaiterions être immortels, alors qu'il nous faudrait apprendre à vivre mieux et à toucher à l'éternité dans chaque instant pleinement vécu. Or nous préférons la sécurité à la vraie liberté, le bien-être à la joie."

Cette immortalité est à rapprocher des courants transhumanistes qui pensent que l'immortalité est technologiquement possible et désirable.

Et comme nous le rappelle, le philosophe Martin Steffens dans son livre "La vie en bleu" - "pourquoi la vie est belle même dans l'épreuve ?" : "Nous rêvions d'une vie en rose, et nous voilà couverts de bleus. Mais ce bleu n'est-il pas la vraie couleur de la vie ?" Il y dénonce une "civilisations placée sur le signe de l'amortisseur (confort, sécurité, distractions, usage permanent des analgésiques, des anxiolytiques, euthanasie, etc.)" "Il n'y a qu'un danger : s'épargner la souffrance de vivre, la souffrance propre à toute vie."

En effet, sans tomber dans les extrêmes, "Est un bien pour l'homme tout ce qui creuse l'homme, même au risque de le briser : l'effort, le danger, la responsabilité, le sacrifice, l'amour, la douleur, et jusqu'au plaisir et jusqu'au péché... à condition qu'ils soient vécus à fond, assumés sans réserve comme une nourriture ou comme un poison, et non dosés et dégustés comme des épices... Corrélativement, est un mal pour l'homme tout ce qui contribue à l'aplatir : l'excès de sécurité, la facilité, la distraction, l'automatisme..." Gustave Thibon

Notre liberté et notre vitalité donc notre empowerment s'exprime ainsi par notre désir (notre envie) et notre effort : « L’effort est pénible, mais il est aussi précieux, plus précieux encore que l'oeuvre où il aboutit, parce que, grâce à lui, on a tiré de soi plus qu'il n'y avait, on s'est haussé au-dessus de soi-même. »  Bergson

Pour conclure et compléter la définition de l'empowerment, on pourra distinguer le Pouvoir de la Puissance comme l'explique très clairement Alain Damasio, auteur de science-fiction lors d'une conférence TEDxParis : "Très humain plutôt que transhumain"


Suivre la voie du 'Très Humanisme' pour "retrouver sa puissance, sa puissance d'habiter le monde avec son coeur et son corps, 'de persévérer dans son être' (Spinoza)."

« Si bien que si l'on définit conceptuellement le pouvoir comme la capacité, de faire faire, de déléguer l'action, alors que la puissance serait la capacité de faire, de déployer l'action, par soi-même, directement, alors il me semble qu'on dispose là d'un critère précieux pour essayer de conduire nos vies dans cette bulle, bruissante d'outils, qui nous enveloppe, dans ce que j'appelle moi un oignon technologique, qu'on ne sait plus très bien, parfois, aujourd'hui, comment éplucher et même cuisiner à notre sauce sans risquer de pleurer. » 

En relisant ces dernières lignes, l'empowerment devrait donc se traduire comme "la puissance d'agir" plutôt que "le pouvoir d'agir" des individus.

Alain Damasio nous invite au Très-Humanisme, à "trouver un nouvel art de vivre dans notre rapport à la technologie." "Cela consisterait à demander, à chaque technologie qu'on me propose, qu'est-ce qu'elle vient ouvrir ou fermer dans mon rapport aux autres et au monde ? Est-ce qu'elle m'impuissante, ou est-ce qu'elle m'empuissante ? Est-ce qu'elle m'aide à mieux me lier à la nature, aux gens, à la société, à moi-même aussi (...) ou est-ce qu'elle me coupe, me sépare, de ce que je peux ?"

Ainsi, le terme d'empuissance pourrait être une proposition de traduction à l'empowerment.

Sa conclusion résume ce qui pourrait permettre à chacun de se réaliser par l'empowerment : 

"Agir, c'est sentir, qu'indépendamment de vos outils, vous êtes, fondamentalement, une puissance."



dimanche 24 avril 2016

Transition Labs : l'art de se réinventer sur nos territoires !


Depuis maintenant 2 ans, nous expérimentons la Transition sur notre territoire avec toute une équipe d'agents de transition, réunis autour d'Isabelle Normandcréatrice de possibles, révélatrice de talents et fondatrice de l'agence Deepi, accélérateur de transition culturelle ! 

"L'art de se réinventer ? Un sujet majeur pour l'individu, l'entreprise, le territoire ; se préparer à d'autres manières d'acheter, de vivre, de consommer, de se déplacer...Accepter l'impermanence et apprendre à désapprendre et à lâcher prise de ce que l'on croyait vrai pour enfin voir les solutions qui s'offrent à nous. Cela prend du temps il faut y aller step by step avec ceux qui sont prêts à se transformer. Ne pas attendre car la transformation prend du temps et n'est pas un processus linéaire, il demande de la profondeur."

Pour accompagner cette transition de modèle et transformation des organisations, nous avons inventé le dispositif des "Labs Innov'Acteurs" ou "Transition Labs" dont l'enjeu est de répondre aux besoins de transformation des écoles, des entreprises et des territoires. Il constitue un plug & Play,  le trait d’union, le point de connexion central, la zone d’interface et d’interconnexion entre les différents acteurs du territoire ; un "middleground" qui assume une fonction d’intégration des connaissances et de transfert ; une "cours de récréaCtion".

"Le TRANSITION LAB est un donc espace imaginé pour former des leaders de transition qui aideront les entreprises, les écoles et le territoire à travailler leurs transitions. Ce sont des équipes pluri-acteurs et pluridisciplinaires composées d'étudiants, de managers qui vivent ensemble l'aventure de la transition pendant 9 mois. "
Planche d'Etienne Appert © - Transition Lab
Ces Labs Innov’Acteurs restent une expérimentation pionnière en région Hauts-de-France sur les écosystèmes apprenants. Ils expérimentent le management de projet complexe en écosystème d’acteurs. Ils offrent à des écoles, des entreprises et des institutions un espace d'apprenance pour travailler leurs transitions & transformations afin de créer de nouveaux modèles de croissance durables et participer au rayonnement du territoire.

Les acteurs participant à ces labs se reconnaissent dans le Manifeste "YES & ACT" qui rassemble l'intention et les valeurs des acteurs du changement :
Voici la plaquette de présentation des Transition Labs en téléchargement sur Slideshare :


Ces Transition Labs se rapprochent et s'inspirent d'autres initiatives comme les TICA (Territoire Intelligent de Communautés Apprenantes) tels que le projet MOVILAB d'Angenius, Les écosystèmes innovants de l'Université Catholique de Lille avec le projet Adicode (Ateliers de l’innovation et du co-design) et le living lab Les Ateliers Humanicité, les PTCE (Pôles Territoriaux de Coopération Economique) ou les Hubs Créatifs de Wallonie : Creative Wallonia

Ce sont des émergences d'une nouvelle économie collaborative et créative ! 


Depuis septembre 2014, nous avons expérimenté ces labs avec une vingtaine d'organisations régionales et des équipes d'étudiants de 3ème année de l'Iteem, département de Centrale de Lille et co-dirigé par Skema Business School

Chaque projet travaillé a la particularité d'être stratégique pour l'organisation et complexe, c'est-à-dire qu'il doit concilier plusieurs dimensions : économique, sociale, sociétale, écologique… et donc intégrer un maximum de contraintes. Le problème est identifié mais la solution demande à explorer de nouvelles manières de concevoir et de dépasser certaines limites pour "faire autrement". Il nécessite donc de savoir travailler en collaboration pour le réussir et de tester de nouvelles approches émergentes (design thinking, management agile, nouveaux Business Models, intelligence collective).


Cette année 2015-2016, nous avons suivi 9 Labs autour de sujets aussi divers qu'inspirants - au programme :
  • La gamification pour faciliter la transition d’une région avec le Lab Rev3 Game
  • Vers une nouvelle éducation créative et numérique avec le Lab Trézorium
  • La mobilité revisitée avec le Lab Ecota.co 
  • Le mobilier ThinkWall au service de la créativité des projets avec le Lab Crouzet 
  • L'habitat Do It Yourself avec le Lab Tiny House
  • La scénarisation pour inventer le crédit de demain avec les clients avec le Lab Cofidis 
  • Les ingrédients de la collaboration avec le Lab Bar à collaborer de 3ème Monde
  • Pour une relation Win-Win entreprises / étudiants avec le Lab'It'<3
  • La richesse de l'histoire d'une école avec le Lab Inspiri
  • Le Projet devient un espace de réinvention avec le Lab Deepi
Planche d'Etienne Appert © - Programme L'art de se réinventer
Quelques photos souvenirs :

Etes-vous prêt à explorer de nouvelles voies pour vous réinventer ? 

Venez expérimenter avec nous la transition au service d'une économie créative et durable ! 

« L’utopie apparaît comme le levain qui doit faire lever la pâte, lourde et souvent corroyée, des sociétés enclines à la stagnation, à l’acceptation des erreurs et des injustices. Sans doute, il est quantité d’utopies qui relèvent de la littérature, de la fantaisie et du rêve. L’utopie de nos jours devient scientifique. […] Les grands utopistes sont des grands inventeurs ou tout au moins appartiennent à leur lignée. Quand nous aurons des laboratoires consacrés à l’invention sociale, comme nous en avons pour l’invention technique, nous progresserons à pas de géants. » Paul Otlet, Monde, 202.

vendredi 8 avril 2016

Conférence "Entreprendre Autrement" - Sens, Coopération et Territoire


Cette conférence était organisée le 7 avril 2016 à l'Université Catholique de Lille par le club E6 sur le thème : « Entreprendre autrement pour redonner du sens à nos actions et créer de la valeur sur notre territoire ».

En présence de :
- Sophie KELLER, Odyssem - économiste, auteur de L’économie qu’on aime !
- Christophe CHEVALIER, groupe Archer - prix de l’entrepreneur social 2012
- Hervé KNECHT, AlterEos - Prix de l'engagement sociétal 2012
et Karine CHARBONNIER, Beck Industries ; vice-présidente du conseil régional, chargée de la formation et des relations avec les entreprises 

Vous pouvez consulter mes notes de cette conférence en téléchargement ici ou sur : http://slideshare.net/Crickbouf/conference-entreprendre-autrement



Il y a notamment était question de relocalisation et de création d'emplois grâce à la conviction d'entrepreneurs du changement coopérant en écosystèmes locaux et à la redécouverte des richesses de nos territoires avec les exemples du groupe Archer et du groupe AlterEos !

"L'innovation sociale, c'est faire ensemble ce que personne ne pourrait faire seul"


Il nous faut plus que jamais conduire le deuil des anciens modèles dans l'espérance et en gardant "ce rêve de pouvoir changer le monde là où nous sommes !"


samedi 2 janvier 2016

Belle et Audacieuse année 2016 !!!


L'année qui commence promet d'être plus entreprenante que jamais !

Au programme : développement de tri-D, du projet Toucher pour Voir et de Trezorium, suivi des labs Innov'Acteurs avec l'Iteem, témoignage sur l'entrepreneuriat autrement pour le MEDEFl'APM et lors des assises nationales des EDC, service au Comptoir de Cana, administration de RCF Nord de France, responsabilités au sein du MCC, lancement du synode LAC à l'échelle locale, JMJ de Cracovie, week-ends Ticket for Change, expositions de Pattou et pleins d'autres choses encore !
A très bientôt & Que la force de l'audace soit avec vous ! :-D

jeudi 3 décembre 2015

Article pour InFlux Le Mag' : Entreprendre Autrement

J'ai eu la chance de co-écrire un article pour InFlux Le Mag' du Medef Grand Lille n°26 "Les jeunes prennent la relève" Automne/Hiver 2015, avec Fouad Talbi et sous la plume de Mehdi Ikaddaren !

Le Magazine Influx, édité semestriellement, est tiré à 15 000 exemplaires et destiné au monde économique ainsi qu’aux décideurs des 4 territoires (Armentières, Douai, Lille Métropole et Saint Omer).

Couverture by SKWAK
Dans cet article, nous exprimons notre "Point de vue" sur le thème "Entreprendre Autrement" en témoignant de la transition que nous vivons actuellement vers une nouvelle économie :

Entreprendre autrement, c’est emprunter des voies nouvelles, se mettre dans une posture de renaissance. C’est également entreprendre le changement au sein même des organisations existantes par l’intrapreneuriat. La mise en réseau du monde a développé un nouveau paradigme : la coopération ; s’exprimant par des démarches collaboratives, de management porteur de sens, libéré par la confiance et allant vers plus d’intelligence collective.


Nous y développons 3 axes d'analyse :
- Une révolution culturelle en marche
- L’entreprise réinventée, libérée : une nouvelle approche managériale
- L’entreprise porteuse de sens 

Retrouvez l'article complet en téléchargement PDF et sur Slideshare :


En complément de l'article, retrouvez une mindmap de synthèse sur ces nouvelles formes d'entreprendre le changement :


Retrouvez cette carte en téléchargement PDF et sur Slideshare.

En conclusion, nous précisons que "la 3ème Révolution Industrielle ne sonnera pas la mort des modèles économiques traditionnels : les deux systèmes cohabiteront encore un certain temps pendant cette « transition de phase » ... Mais combien de temps ? Les nouvelles générations, aspirant au changement, poussent à la transformation !


dimanche 1 novembre 2015

"La croissance se réinvente ici, en Nord-Pas de Calais" - Retours sur le World Forum Lille 2015


La 9ème édition du World forum for a Responsible Economy s'est tenue à Lille du 20 au 22 octobre dernier avec pour challenge de réinventer la croissance. Une nouvelle occasion de débattre avec des entrepreneurs et experts venus du monde entier en s'interrogeant sur les grands défis de demain avec "ceux qui la font" : "Économie de fonctionnalité, économie collaborative et de partage : tendances de fond ou épiphénomènes ?", "Nouvelles technologies, nouvelle croissance : quels impacts économiques et sociaux ?", ou encore "Repenser la performance : comment transformer l'entreprise par la RSE ?". Retrouvez la note de cadrage de l'édition ici. 


Alors que le monde change très vite, avec l’accélération des progrès et de la technologie (robotisation, big data, ...),  Michel Landel, directeur général du groupe Sodexo, a indiqué lors de la plénière d'ouverture son souhait que ces progrès renforcent la qualité de vie. 


Pour Stéphane Richard, PDG d'Orange, le numérique est la clef de ces challenges.


J'ai notamment assisté à une conférence et un atelier sur l'open innovation, animés par Stephan Eloïse Gras, consultante en innovation numérique et en stratégies d’innovation.

L’open innovation c’est l’idée que l’innovation n’est plus le seul fait d’un individu ou d’un petit groupe mais des foules (communautés, réseaux, tiers-lieux,...) et des méthodes spécifiques.

Des notions telles que l’entrepreunariat et l'intrapreneuriat social, la transformation globale des organisations, le Do It Yourself, les open labs et les low-techs ont été évoquées. Une révolution des makers et du Do It With Others est déjà en marche, notamment aux Etats-Unis. 

La notion d'innovation évolue : de la traditionnelle R&D à l'innopassion portée par des personnes qui se revendiquent comme des makers, des créateurs, des « faiseurs ». Selon eux, chacun est créateur au sens où nous sommes animés par des passions qui nous poussent à agir et repoussent les limites de notre créativité. Chacun peut adopter ce nouvel état d'esprit car chacun possède son expertise propre. Dans son livre Zero to Maker, David Lang explique comment nous pouvons apprendre (juste assez) pour faire (à peu près) n'importe quoi : "Learn (just enough) to Make (just about) Anything" et devenir "entrepreneur par accident". 

Nous passons de "l'égo-système à l'éco-système" : des personnes s'engagent volontairement autour de valeurs de partage afin de reconstituer un Bien Commun et forment des communautés qui génèrent beaucoup de valeurs à moindre coût.  La mise à disposition de nombreux brevets et logiciels en « open source » redéfinit la notion de propriété intellectuelle qui sera à l'avenir beaucoup plus protéiforme. 

Dans ces nouveaux makerspaces ou tiers-lieux de fabrication, véritable espace de créativité, de réinvention et d'intelligence collective, des entrepreneurs donnent à la population les outils de la Révolution Industrielle et vont changer le monde. 

A ce titre, l'exemple du Techshop aux USA est significative avec un impact de plus 12 milliards de dollars de valeur et de 2000 emplois créés grâce aux "entrepreneurs makers" qui ont débuté leurs idées dans ces nouveaux espaces de fabrication. 


En interne des organisations, on pourrait donner les conseils suivants pour développer une culture plus ouverte : “laisser aux collaborateurs l’opportunité de travailler en mode garage”, mettre les salariés au contact d’un service réellement rendu, co-construire des solutions avec les acteurs en transdisciplinarité, avoir un lieu inspirant tel que “la machine à café”, privilégier la transformation intérieure des individus, ...

J'ai également eu la chance de rencontrer Sénamé Koffi Agbodjinou, fondateur de « Weolab », un tiers-lieu de fabrication au Togo en 2012. « C'est un lieu ouvert dans un quartier à Lomé où tout le monde peut venir utiliser la technologie mise en place et développer leur propre type de projet ». L'imprimante 3D, créée à partir du recyclage des objets électroniques et appelé W.Afate illustre bien ce laboratoire du partage. Sénamé est un représentant emblématique du mouvement naissant des makers en Afrique qui promeut la démocratie technologique qui est un immense enjeu pour l'Afrique. 

Lors de la conférence "Ecosystème Social Business" avec le CSI (Philippines) SoBizHub", j'ai eu l'honneur de témoigner aux côté d'entrepreneurs sociaux du Nord-Pas de Calais : Vianney Poissonier, créateur de La Bouquinerie du Sart, Gérard Bellet, fondateur de Jean Bouteille et Shanon Khadka, entepreneur social philippin et à l'initiative du Center for Social Innovation, l’incubateur de Gawad Kalinga. La session était animé par Nicolas Cordier, membre du Comité de Pilotage du SoBizHub et Carolina Herrera du forum Convergences.


Aussi, avec tri-D, nous avons tenu un stand impression 3D en collaboration avec Dagoma afin de projeter les participants dans la fabrication de demain !

Une soirée spéciale jeunes s'est également tenue rassemblant plus de 1000 jeunes qui ont découverts des projets internationaux menés par leurs pairs dans le cadre du concours "No limits for a Young World" !


"Si l’on peut arriver sceptique, on en ressort totalement convaincu. Une nouvelle vision du monde est née. On nous répète souvent que chacun a son rôle à jouer dans le monde de demain, mais grâce au World Forum, on en prend véritablement conscience."

"Ne surestimez pas ce que vous faites en 1 an, ne sous-estimez pas ce que vous ferez en 10 ans."

En citant Bill Gates, Philippe Vasseur nous donne rendez-vous le 10 octobre 2016 pour la 10ème édition du forum pour faire le point sur 10 années d’existence du World Forum de Lille. A noter que la prochaine édition se déroulera par un tour de France !  


Pour revivre le World Forum Lille 2015 : 

vendredi 9 octobre 2015

Les jeunes aventuriers témoignent lors de la convention 2015 des clubs APM à Lille !


La convention des clubs APM s'est tenue les 1 et 2 octobre dernier à Lille qui a rassemblé plus de 3500 chefs d'entreprise : j'avais l'honneur d'y être invité en tant qu'expert ! =)


Le thème développé était celui de l'Aventure : L’aventure, ce n’est pas un club en chaise longue, ni un discours d’acteurs », entame Thierry Watelet, maître de cérémonie durant la plénière d'ouverture. « C’est un monde de renaissance, un monde en marche. Elle se joue du temps et du lieu, et a lieu quand vous le décidez. » 

"L'histoire se lit, l'aventure se vit !"


Les jeunes aventuriers étaient conviés pour témoigner et notamment les jeunes entrepreneurs !

J'ai donc eu la chance d'intervenir lors de 2 "Kfaits découvertes" sur la thématique des Jeunes et des nouvelles formes d'entrepreneuriat : "Pour un jeune, aujourd'hui, qu'est-­ce qu'entreprendre ?"

Pouvoir latéral, ingéniosité collective, fonctionnement en mode agile, co­création, crowdfunding, ancrage local, acteurs de la 3ème révolution industrielle​... Sept ​jeunes qui changent le monde et dessinent l'économie de demain échangeront avec vous. Entrepreneurs ou intrapreneurs, porteurs de projets ou encore étudiants, ils sont les témoins d'une génération en quête de sens qui expérimentent de nouveaux modèles économiques et de nouveaux styles de management.

 

Durant ces Kfaits découvertes, 7 jeunes entrepreneurs ont pu témoigner et échanger avec 7 chefs d'entreprises : un grand merci à eux pour leur présence et leur dynamisme !

Avec : 
Vous pouvez retrouver et télécharger ma présentation sur Slideshare ;

Je me suis notamment inspiré du préambule du livret du Congrès du Futur par Mathieu Baudin, directeur de l'Institut des Futurs Souhaitables et intitulé "Demain est déjà là". 


La radio UCLille de l'Université Catholique de Lille a tenu une web-radio pendant la convention. Vous pouvez retrouvez tous les podcasts ainsi que mon interview sur : http://radiouclille.univ-catholille.fr/broadcast/1067-en-direct-de-la-convention-apm-05

Article sur le site de la convention : https://convention-apm.com/blog/27/en-direct-de-la-convention-apm-5

 

Surprise lors de cette convention, un fablab éphémère a été mis en place par l'équipe de SC21 et du ZBis pour évoquer la révolution des makers !


Rendez-vous à Bordeaux pour la Convention des clubs APM 2017 !